. The devil of hell’s kitchen

Parfois il suffit de peu de choses pour vous faire sortir de votre torpeur créative, que ce soit un excès de temps libre, un sentiment de culpabilité ou juste l’envie de coucher quelque mots sur le papier numérique de l’internet. Et puis, parfois, il faut se prendre une décharge. Ou pour rester dans le thème du sujet d’aujourd’hui, un gros coup de poing. Parce que oui, si je reviens d’entre les morts, c’est pour vous parler de la nouvelle série Daredevil, mon coup cœur série du moment.

Vous voilà prévenus, le ton est donné.

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Daredevil, la série, raconte l’histoire de Matt Murdock devenu aveugle à l’age de 9 ans en sauvant un vieillard d’un accident de voiture. Aspergé de produits chimiques convoyés par un camion, il perdra la vue mais gagnera en échange une sensibilité hyper-accrue de tous ses autres sens, lui permettant quand bien même de « voir » et « ressentir » le monde qui l’entoure. Ce n’est que quelques années plus tard, alors devenu avocat, que Matt enfilera le costume dans le but de faire régner la justice au sein de Hell’s kitchen, quartier New-yorkais où le crime a élu domicile.

Si d’emblée je suis forcé de reconnaître qu’il ne s’agit pas de la série parfaite, déjà parce qu’elle débarque dans un climat où les séries adaptées de comics pullulent sur nos écrans, ensuite parce qu’il y a réellement une baisse de rythme sur la fin, je m’en vais pourtant essayer de vous convaincre de plonger dans l’univers de Daredevil.

J’en parlais à l’instant, les séries de super-héros ont actuellement le vent en poupe. Flash et Arrow en tête de prou, Gotham et Agent of Shield traînant la patte derrière. Il y en a pourtant pour tous les goûts, ou presque – et c’est pas la pléthore de séries à venir qui viendront me contredire. Je dis « ou presque » parce que, si le paysage semble déjà bien chargé pour qui aurait eu le courage de regarder un peu tout ce qui se fait en la matière, on se rend compte avec Daredevil qu’il y avait encore de la place pour un nouveau venu.

Quand on pense adaptation de comics on pense forcément à quelque chose de joyeux, de fun. Un mouvement ayant été amorcé par les films Marvel au cinéma, le dernier exemple en date étant les Gardiens de la Galaxie, et un chemin de plus en plus emprunté par le petit écran comme le prouve la série The flash, très haute en couleurs, très décontractée, très fun.

Comme un comics, vous me direz.

Oui, mais non.

Comme l’image que vous vous faites des comics, peut-être. Comme l’image que l’on veut aujourd’hui donner aux comics, très certainement. Mais bon nombres des histoires qui ont véritablement marquées les lecteurs sont très sombres, très violentes, et finissent bien souvent en drames. Certes il ne s’agit pas d’une condition sine qua non à tout bon comics, mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas tous les jours facile d’être un super-héro.
Ce que Netflix nous rappelle subtilement avec son adaptation de Daredevil.

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Car on nous propose ici une série très sombre et en même temps très humaine. Si Matt n’hésite pas à donner des coups – allant jusqu’à s’en faire saigner les phalanges – il en reçoit aussi beaucoup, titube souvent et, parfois même, tombe. Le héros vigilante est ici dépeint dans toute sa dualité: possesseur de pouvoirs, oui, invincible, non.

Si on nous livre une énième série de super-héros, on fait affaire ici à une réflexion beaucoup plus cynique, beaucoup plus désabusé et, finalement, beaucoup plus terre-à-terre sur le rôle du super-héros. A l’instar de ce que Iron-man et ses collègues, partageant pourtant le même univers que Daredevil, semblent nous montrer. Le sang suinte de tous les cotés, les morts s’entassent, les agressions se succèdent et rien, ni personne, ne semble en mesure d’y changer vraiment quoi que ce soit. Excepté peut-être Matt, qui a compris que de grands pouvoirs impliques de grandes responsabilités et que, si justice existe, elle n’en reste pas moins aveugle.

Et quand enfin on pose les yeux sur cette série, difficile d’ignorer la patte Netflix. L’ambiance, si particulière, nous rappelle les moments les plus noirs – mais certainement les plus magistraux – de House of Cards. Le malaise est véritablement présent, à tel point que l’on se surprend parfois à faire une pause entre deux épisodes, le temps de souffler un moment et de digérer tout ce qui vient de se passer à l’écran.
L’autre grande réussite, l’autre touche Netflix, c’est le casting. Charlie Cox dans le rôle du justicier aveugle est tout simplement parfait, sa cécité est plus que crédible et ses mimiques font de lui un Daredevil que l’on n’est pas prêt d’oublier. Mais ça ne s’arrête pas à, chaque acteur semble être la place qui lui convient parfaitement, qu’ils soient amis ou ennemis de Daredevil, qu’ils soient présents pendant deux minutes ou treizes épisodes. Mention spéciale à Vincent D’onofrio dans le rôle du Kingpin, qu’il adapte d’une manière aussi surprenante que magistrale, ainsi qu’à Vondie Curtis-Hall dans le rôle du reporter Ben Urich.

Enfin, si la série emprunte beaucoup aux grands runs fait sur le personnage, elle va même jusqu’à les adapter jusque dans leur structure narrative, avec des arcs en six épisodes qui ne sont pas sans rappeler le format de nos albums de comics. D’autant qu’on ne s’embarrasse pas avec un super-vilain un peu naze à chaque nouvel épisode mais bien sur une histoire au long cours, où chaque personnage se construit au rythme des événements et se révèle potentiellement plus complexe que ce qu’il semblait de prime abord.

On notera tout de même une seconde partie de saison plus faible, qui ne fait réellement tâche qu’en comparaison de la première moitié qui est, elle, parfaitement maîtrisée de bout en bout. Et si vous commenciez à devenir allergique à l’humour au sein des films de super-héros, le ton noir de Daredevil vous fera l’effet d’une bouffée d’air frais. Aussi anxiogène cela puisse-être.

Sur ce, je vous souhaite un bon visionnage, parce que j’ai pas tapé 1000 mots pour rien.
Non mais oh.

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. Red cape, blue suit

Au moment où j’écris ces quelques lignes – qui s’avéreront peut être plus nombreuses que prévues – je fais ce que je me refuse généralement à faire : c’est à dire écrire à chaud. Mais là j’en ai envie. Parce que voyez vous je sors tout juste de Man of Steel. LE Man of Steel. LE film censé réconcilier fans de cinéma, fans de super-héros et fans de Superman. A l’instar de l’adaptation plutôt réussie de son homologue, le chevalier noir, Batman. Réalisé par Snyder avec l’aide de Nolan, j’étais donc en droit d’attendre quelque chose de bien. J’étais. Mais apparemment pas en fait.

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De même que Clark, mes espoirs se sont envolés très tôt.

Au sortir de la séance, s’il y a bien un sentiment qui persiste, c’est celui de la déception.  Le marasme du bon film qui s’est perdu en chemin pour donner quelque chose d’informe et peu viable en plus. Voilà, comme ça, vous êtes prévenus : je n’ai pas vraiment aimé. La suite sera donc en conséquence.

(Ah, spoiler Alert : y a potentiellement de la révélation d’intrigue. Mais le film étant sorti depuis deux semaines, y a prescription je crois. Sans compter que c’est la fête du cinéma en ce moment : vous avez zéro excuse !)

Avant que je me fasse assommer de critiques comme quoi je suis « un connard de plus qui étale sa science en critiquant le film parce qu’il ne colle pas exactement aux comics et qui est par conséquent incapable d’apprécier une autre version de l’histoire » – et à ceux là je leurs réponds qu’une histoire, il n’y en a point. La chose étant ainsi plus vite réglée – je me dois quand même de préciser que Superman est un héro que je ne connais pas, ou finalement très peu.
En dehors du célèbre costume, des quelques apparitions à la TV via des cartoons ou une série que je n’ai jamais pris la peine de réellement regarder, je suis exempt de tout à priori sur le personnage. Je suis donc au même niveau que le spectateur lambda sur ce sujet. Et malgré des conditions plus que favorables pour découvrir une adaptation, pire : un reboot, je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque quelque chose au personnage. A commencer par une consistance. Parce qu’autant, ne connaissant pas la version originale, j’aurais pu laisser passer pas mal de nuances dans son caractère, autant là, c’est le flou artistique.

En soi, sans raison valable derrière ses actes, un héro n’est finalement plus très différent des hommes qu’il est censé protéger. Sans parler de son passé qui n’est rien d’autre que le marteau forgeant le fer rouge de son futur. Si Batman ne tue pas ses ennemis – il les laisse mourir, c’est différent – c’est parce que la mort de ses parents lui a apporté un sens aigu de la justice. Si Spider-man se sent porteur de grandes responsabilités c’est inévitablement lié à la mort de son oncle Ben qu’il aurait pu éviter.
Avant de posséder quelques aptitudes ou talents particuliers, un héros possède avant tout une façon de voir le monde, une philosophie. Chose trop peu abordé dans Man of Steel.

Ce qui est dommage c’est que l’on n’en est finalement pas passé très loin. Notamment lorsque le père adoptif de Clark tente de lui inculquer les bonnes choses à faire, et en lui indiquant que, oui, laisser mourir quinze enfants dans un bus aurait peut-être été plus sage que de laisser entrevoir ses pouvoirs à la moitié d’entres eux – et à Clark de montrer que c’était inconcevable, parce que la gentillesse – ou encore toutes les allusions au fait que le monde n’était pas encore prêt. Le sujet méritait d’être développé, les qualités de Clark gagnait à être mises en avant, mais à notre époque faut être un bad boy pour réussir alors YOLO.

Pourtant on tombe pas si souvent que ça à coté du sujet. La direction artistique, la photo et, par je ne sais quel hasard, une bonne partie des effets spéciaux tombent assez juste. De même, quelques scènes sont plutôt bien senties et font leur petit effet sur le coup. Effet qui semble cependant bien maigre à coté de toutes les incohérences qu’accumule le film. Un scénario ? point besoin, en 2013 le spectateur veut de l’action, encore de l’action et des bisous. Foutez lui un gentil contre un méchant et on n’en parle plus. Des personnages avec un tant soit peu de profondeur ? déjà, sans scénar’, ça devient tout de suite plus difficile.. Attendez, vous faites pas chier, on leur fera faire/dire des choses sans raisons valables, ça devrait passer pour peu qu’on balance des explosions juste après.

Je vous passe aussi le coup de « je me bat dans toute la ville, saccageant les immeubles un par un sans m’occuper des pauvres gens en dessous, je roule des pelles à ma nouvelle copine au milieu des débris et des trois pauvres mecs qui ont survécus mais par contre je ne supporte pas que tu assassines cette pauvre famille qui s’était dit que c’était le moment idéal pour aller au musé alors, couic, je te casse la tête et on en parle plus ». Et des situations WTF comme celle là, c’est toutes les dix minutes que ça arrive.
Je parlerais pas non plus de toutes les conneries que les personnages secondaires peuvent sortir dès que sa devient un peu technique, scientifiquement parlant. La palme d’or étant décernée à « toi t’es méga balèze parce que tes cellules ont été exposées aux bienfaits du soleil pendant 33 ans, par contre nous on est là depuis 10 minutes et c’est tout comme ».

Remarque l’histoire du flux RSS était pas mal aussi..

Puis tiens, tant qu’à parler de sujets fâcheux, arrêtons nous vite fait sur la relation entre Clark Loïs qui passe sans transition de « pseudo inconnu que j’ai croisé deux fois » à « l’homme de ma vie ». La tenue moulante de ce dernier n’y étant peut-être pas étrangère. En outre les plus rigoureux se seront certainement déjà ouvert les veines en apprenant qu’il n’y aurait pas de triangle amoureux entre Loïs, Clark et Superman, pourtant indissociable de l’histoire du personnage. (Et venez pas me faire chier, tout le monde sait ça, pas besoin d’avoir Bac +5 en DC comics).

D’ailleurs, à la vu du compteur de mots qui défile devant mes yeux je vais en rester sur ces quelques mots. Il est approximativement 4h du mat’ et le travail de relecture s’annonce ardu alors ce n’est pas la peine de prolonger plus longtemps nos souffrances respectives. Je conclurai sobrement par le paragraphe suivant :

Cher Zack Snyder, cher Christopher Nolan, je n’attendais pas que bouleversiez le genre ou créiez une oeuvre extraordinaire. Non, je voulais juste une adaptation honnête et actuelle du mythe de Superman, sois disant le super-héros ultime. J’en demandais pas des masses mais vous avez réussis à me décevoir et j’ai beau avoir payé ma place 3,50€, c’est presque 3,50€ de trop. Espérons que la suite sois meilleure, hein. Parce que suite il y aura, on va pas se le cacher les mecs.

Sur ce, il est plus que temps d’aller dormir, l’ordi affiche 05:09.

Ps: n’ayant quasiment pas discuté du film avec d’autres personnes – j’attends d’ailleurs vos retours – il est probable que mon propos, à défaut de radicalement changer, s’affine peu à peu à mesure que je digère le film. Au quel cas vous serez les premiers avertis !

. With great power comes great responsability

Récemment, je suis allé au cinéma pour voir les nouvelles aventures de l’homme araignée. Enfin, nouvelles, oui et non. Il se trouve que c’est un reboot de la série. On prends la même formule et on recommence à zéro. Donc, après les trois films de Sam Raimi sobrement intitulés Spider-Man, Spider-Man 2 et Spider-Man 3, la licence prend le nouveau nom de The Amazing Spider-Man. Point qui a son importance, c’est aussi le nom du comics qui a vu débarquer Peter Parker pour la première fois en 1963 et qui n’est, à ce jours, toujours pas fini.

Je vais pas m’acharner à critiquer le film ni à lui faire une éloge, comme pour chaque grosse production – et c’est peut être encore plus véridique pour tout ce qui touche à l’univers des comics – il y a des détracteurs et des fan-boys. A vous de voir où vous vous situez.

Mais dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment. J’admet avoir trouvé le début un peu brouillon, surtout au niveau du jeu des acteurs dans les dialogues ( coucou Emma Stone ! ). Mais faut dire que j’avais été un peu conditionné par les différentes critiques lu par ci par là sur le net donc je cherchais la petite bête.
Et puis même si Marc Webb s’est débrouillé pour pas nous réactualiser le premier du nom, il y a certains passages qu’il ne pouvait éviter. La piqure par l’araignée, la mort de l’oncle Ben et les premiers pas de Spider-Man, pour ne citer qu’eux. Alors on est vite tenté de faire la comparaison.
Tout de même, mention spéciale pour la jolie scène vers la fin où New-York rend à Spider-man tout l’amour qu’il lui donne. Certainement la meilleure partie.

Mais je suis pas vraiment là pour vous parler du film en fait.

Il se trouve qu’en rentrant de la séance, je discutais du film avec la personne qui m’accompagnais, et on en est vite venu à aborder les différences entre les deux films. La comparaison était inévitable. Tout y est passé, jeu d’acteurs, personnages, super-vilains & Cie.

Puis on est arrivé à une conclusion inévitable : on n’avait aucune base pour faire la comparaison puisque, ni lui ni moi, n’avions suivi les comic-books. Alors quid de Sam Raimi ou de Marc Webb était dans le vrai ? Mary-Jane Vs Gwen Stacy,  Bouffon vert Vs Lézard, toile organique Vs toile synthétique.

Difficile de s’y retrouver tant les différences sont importantes.

Et vu que j’ai un peu de temps à perdre et beaucoup de curiosité, j’ai voulu voir par moi-même. Alors je me suis lancé, tête la première, dans l’univers de Marvel.

Sauf qu’une fois qu’on commence à y mettre le nez, on se retrouve confronté à deux problèmes majeurs.
Le premier étant que depuis la naissance de Spidey en 1963, il s’en est passé des choses. C’est un univers très vaste avec de nombreuses déclinaisons, le tout entrecoupé par 50 ans d’histoires. Vous imaginez bien, le Spider-Man des premiers comic-books n’avait pas le même style graphique ni la même façon de parler que maintenant. Sans compter qu’il s’est pas tapé que le bouffon vert pendant tout ce temps…
Rattraper tout le retard vous couterez autant de temps que d’argent, c’est pour dire !
Le deuxième problème, c’est qu’une fois que vous avez commencé, c’est très dur de lâcher. C’est le genre de chose, on adhère ou on adhère pas. Mais on le sait très vite.

Du coup, pour les nouveaux venus comme moi dans l’univers Marvel, il existe une alternative à l’univers Marvel classique qui est déchargé du poids du passé : l’univers Ultimate.

Ce nouvel univers qui se déroule en parallèle à l’univers original est en fait une tentative de la part de Marvel pour attirer les lecteurs effrayés par la continuité des aventures de l’homme araignée. Nouveau style graphique, réactualisation de l’histoire, rajeunissement des protagonistes et introspection un peu plus poussé sont au menu.
Les scénaristes remontent aux origines du héros pour que l’on puisse en connaitre les grandes lignes. Rien de mieux pour appréhender l’univers Marvel tranquillement.

Seul petit bémol, faut bien avouer que c’est un peu le bordel au niveau des titres et des ordres de lectures dans l’univers Ultimate. Faut un peu écumer le net pour comprendre mais une fois qu’on a piger la logique, ça va tout seul !

Du coup, moi qui étais parti pour lire seulement Spider-Man, j’ai dérivé sur les Avengers et les X-Men

Et je compte bien m’attaquer en suivant à l’univers original grâce aux différents points d’entrés répartis un peu partout, mais ça je vous en parlerai une prochaine fois. J’ai déjà fort à faire…

BONUS STAGE :

L’article sort un jour en retard (voir deux d’ailleurs), mais j’ai préféré le peaufiner un peu plutôt que de vous livrer un truc brouillon. Pour me faire pardonner j’ai caché un petit clin d’œil à Spider-Man sur cette page, à vous de le trouver !

Fait étonnant, si jamais vous lisez les comics, vous vous rendrez peut être compte que c’est pas forcement le film qu’on pensait être le plus fidèle qui l’est réellement.

Enfin, la couverture d’un des nombreux crossovers de l’univers Marvel que j’apprécie particulièrement.