. This is about games #5

C’était son destin, Sir Harold III le savait. Il le savait depuis qu’il avait eu l’âge de comprendre et s’en rendait d’autant plus compte depuis qu’il avait été choisi parmi tous ses frères et sœurs. Sa mère avait porté le fardeau avant lui, son grand père encore avant, et il en allait de même depuis des millénaires. Les générations s’étaient succédé, face à ce château et à ses occupants, et il en irait de même jusqu’à ce que l’un d’eux en vienne un jour à bout – peut-être lui, demain, comme l’un de ses descendants, dans deux milles ans – et les libèrent tous de cette obligation qui contraignait sa famille depuis maintenant plusieurs millénaires.

Aujourd’hui, son troisième enfant venait de naître. Aujourd’hui, l’heure était venue d’entrer dans le château.

Rogue_Legacy

Développé par Cellar Door GamesRogue Legacy est l’un de ces petits jeux indés qui ont tout des grands. Savant mélange de genres que j’affectionne particulièrement, il a su en retirer la génération procédurale propre aux rogues-like, les mécaniques bien huilées caractérisant tous bon platformer et le sentiment de progression inaliénable aux RPG. A ceci près qu’il s’offre aussi le luxe d’innover.

Rogue Legacy met le joueur dans la peau d’un chevalier. Démarrant au niveau zéro, les statistiques de notre héros tout comme sont équipement se rapprochent plus du néant que d’autre chose et nos possibilités en terme de mouvements sont pour le moins limitées. C’est donc plutôt dans la peau d’un écuyer que l’on entre dans le château et que l’on découvre, en même temps que son architecture, son incroyable difficulté. Je parle par expérience, vu qu’a vue de nez j’ai du tenir 15 secondes après être entré dans la première pièce du château. Étonnement, c’est aussi à ce moment là que l’on fait la rencontre de tout le génie qui est renfermé dans Rogue Legacy. Comme dans tous rogue-like, une fois notre personnage mort, on s’attend à le voir réapparaître en même temps que la proposition de recommencer, afin d’aller plus loin que la fois d’avant et, éventuellement, arriver un jour au bout.

Eh bien que nenni ! Votre personnage est mort. Et il est bien enterré.

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Le rôle principal revient donc à l’un de ses descendants et l’on se retrouve à devoir choisir parmi trois prétendants. Les voies de la génétique étant impénétrables, vous devrez faire votre choix en ayant à l’esprit que chaque personnage est la résultante d’un mélange aléatoire de traits de caractères qui pourront tantôt vous donner un avantage, tantôt rendre une de vos partie injouable. Rajoutons à cela différentes classes, chacune possédant ses propres caractéristiques, ainsi que d’énormes possibilités d’améliorations via un arbre de compétence symbolisé sous la forme d’un domaine familial et l’on obtient de quoi rendre chaque partie unique. Ces compétences permettent aussi bien d’augmenter la barre de vie de notre héros que le poids de l’équipement qu’il peut porter, les dégâts qu’il inflige ou le pourcentage de chances de réaliser un coup critique. Par ailleurs, il permet aussi de débloquer de nouvelles classes ou des capacités spécifiques à chacune d’elles. L’arbre s’étoffe très vite, les possibilités d’améliorations semblent énormes (jusqu’à 75 niveaux pour une même caractéristique, par exemple) mais en compensation les prix demandés grimpent eux aussi de façon exponentielle. Notons enfin la possibilité de ramasser de nouvelles pièces d’équipement ainsi que des runes qui vous deviennent très vite indispensables, malgré le fait qu’il faille redoubler de courage pour les obtenir puisqu’il est bien souvent nécessaire de remplir une tâche spécifique pour pouvoir ouvrir le coffre. Des missions pour le moins tordues, quand elle ne sont pas carrément impossibles dans votre état actuel.

Parce qu’il ne faut pas oublier que Rogue Legacy fait partie de ces jeux qui ne semblent pas nous aimer. Un de ceux qui prennent un malin plaisir à nous faire souffrir et à nous voir recommencer en boucle, à la manière d’un The Binding of Isaac. Et si l’on pourrait penser que tout ce que j’évoquais plus haut allait grandement nous faciliter la tâche, il n’en est rien. Si l’argent récolté au cours d’une partie est le vecteur de votre évolution, il vous coûtera en revanche tout ce que vous n’aviez pas pu dépenser au préalable pour rentrer dans le château. Exit donc les économies, il faut amasser tout l’argent nécessaire à l’obtention de cette upgrade tant désirée en UNE SEULE ET UNIQUE RUN.

Vous pouvez pleurer, oui.

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Malgré tout on en redemande. Pour une raison encore inconnue on multiplie les descentes dans le château et, dans un dernier sursaut de fierté, on analyse avec attention l’écran de fin affichant toutes les créatures tombées sous nos coups. En outre, bien qu’il existe une souplesse évidente dans les contrôles, il peut paraître très peu permissif. Il est nécessaire d’apprendre par cœur les différentes techniques et mouvements des créatures peuplant la forteresse de pierre, ainsi que deux ou trois astuces qui peuvent se montrer utiles dans certains cas. Reste que l’on est toujours seul fautif de notre mort. Un pas de trop qui nous aura précipité sur des piques, une faute d’inattention, une mauvaise lecture de l’environnement ou encore l’appât du gain sont autant de choses qu’il est primordial d’apprendre à gérer et, si possible, éviter si l’on veut survivre dans cet enfer.

Et qui sait, peut-être arriverez vous à vaincre les quatre boss du jeu, condition sine qua non pour pouvoir affronter le boss de fin. Et chacun se terre au fin fond de l’une des quatre portions du château, toutes générées aléatoirement au début d’une partie malgré une direction générale inchangée.

Rogue Legacy est clairement un must-have pour tout les amateurs du genre. Si vous n’êtes pas effrayé face à la perspective de perdre toute forme de vie sociale, vous pouvez y aller les yeux fermés ! 

8/10

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2 réflexions au sujet de « . This is about games #5 »

  1. Bonne critique du jeu. Je n’y ai pas joué personnellement, mais on ressent parfaitement toute la frustration et l’acharnement transcender le détenteur de la manette.

    RIP, Sir Wizzerl III & sons.

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