. Blindfold

Cela fait un moment que je me cherchais une excuse pour me remettre à écrire mais j’étais proprement incapable de fournir quoique ce soit de réellement intéressant. Coup de chance, intervention divine ou karma, la récente actualité vidéo-ludique autour de la sortie de ce cher GTA cinquième du nom a soulevé des problèmes de fond sur lesquels j’aimerai revenir.

Pour les trois du fond qui auraient été coupés d’internet ces derniers 365 jours ou se réveilleraient d’un coma long de dix ans, le titre de Rockstar North a su s’imposer comme une éminence du jeu vidéo. GTA est une licence qui n’a rien à envier à ses concurrents – directs comme indirects – et fait partie de ce que j’oserai appeler, dans son sens le plus barbare, la triade du non-gamer, au coté de séries comme Fifa et Call of duty. Des titres qui font la plupart de leur chiffre d’affaire lors de la première semaine de commercialisation et que même des joueurs casu, qui n’allument leur Play que de temps en temps, achètent day one. C’est un fait : GTA est une licence mainstream. Et si la série arrive à convaincre aussi facilement le joueur moyen, je ne vous parle de ce qu’il en est pour le joueur régulier. Ce qui m’amène à la première des choses que je voudrais évoquer..

CETTE. PUTAIN. DE HYPE. INFINIE.

hype

N’ayant jamais joué à l’un de ces représentants et n’ayant jamais compris comment l’on pouvait passer plus de trente minutes sur un tel jeu – le temps de voler une voiture, tuer deux mamies, vingt-cinq flics et faire un tour au bar à strip-tea putes du coin. Du coup, la sortie de ce cinquième épisode était plus ou moins le cadet de mes soucis. Pour autant, je reconnais volontiers le talent de Rockstar North. Ils ont su créer un genre, maintes fois imité depuis mais rarement égalé, et je n’avais donc aucunes sortes d’inquiétudes quand à la capacité de ce nouveau volet à suivre et, manifestement, améliorer la formule. Et quand bien même mes attentes auraient pu être à la hauteur des vôtres, force est de constater qu’il n’a pas fait exception à la règle.

Cela dit, et malgré toute la bonne foi que je m’efforce d’y mettre, je ne peux tout simplement pas m’empêcher de me poser la question suivante : méritait-il réellement tout ce tapage médiatique ?

Je n’entends pas par là remettre en cause la qualité de ce dernier, ni même de cracher sur qui que ce soit, mais la question me parait légitime. Si l’on s’en remet strictement à l’avis des professionnels du jeux-vidéo et que l’on s’attarde sur les notes qu’ils lui ont décerné, on serait tenté de répondre par la positive. Un 9/10 chez Gamekult et Gamespot, le score parfait chez IGN et une moyenne de 98/100 sur metacritic devraient suffire à  en convaincre les derniers réticents. Et pourtant, bien malin serait celui capable de dire quel est le GOTY de 2013 et bien fou celui qui sacrerait déjà GTA V, quand on sait à quel point ce fut une année prolifique. Dans des genres, des univers et des inspirations différentes, impossible d’ignorer des titres comme The last of Us, Bioshock Infinite, Rayman legends ou encore le remake de Zelda Wind Waker sur Wii U et le souvent non-nommé Animal crossing : New leaf. Des titres qui ont tous pour point commun d’avoir déchaîné les foules avant, pendant et après leur sorties.

Je sais que les jeux sus-cités vont faire grincer beaucoup de dents mais c’est une preuve de plus qu’on touche là directement à l’essence de ce que devrait être le « meilleur jeu de l’année » et, par là même, aux limites d’une définition aussi vaste que celle-ci.

C’est une chose que je m’amuse à souvent [vous] répéter mais, pour moi, la seule réponse valable à une telle question née de la résultante d’un conditionnement personnel par notre affect et notre passif de joueur. Ainsi, il y aurait autant de « game of the year » que de personnes. Et personnellement, ça me va bien comme ça.

En outre, j’aurais aussi aimé aborder les différents buzzs qui ont eu lieu autour de sa sortie. A savoir, les histoires de ventes en avance ainsi que tout le bullshit autour de la parution des tests et de la gueguerre qui s’en ait suivi à cause de NDA que certains auraient signés et d’autres pas, puisque blacklistés par Rockstar. Tout ceci aura au moins eu pour effet de mettre en avant le caractère dépendant de la presse vis à vis des éditeurs, la capacité de certains à néanmoins s’en affranchir mais aussi, et surtout, de révéler les faiblesses d’un tel système. Enfin, on aurait aussi pu aborder la questions des chiffres à propos du nombre de ventes, des coûts de production et du budget marketing, tous à moitié faux et visiblement repris à grande échelle par la presse – spécialisée ou non – sans aucunes sortes de vérifications derrière. On applaudit.

Mais par soucis de ne pas rajouter de l’huile sur le feu, et parce que in fine ça me prendrait l’équivalent d’une thèse, je vais simplement vous laisser méditer sur ces quelques éléments de réponses et conclure, à la manière d’un 3615 Usul, en vous priant de garder à l’esprit que la minorité a quelquefois raison mais la majorité toujours tort.
– George Bernard Shaw.

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