. Kiddies dream

jaeger

Ah, Pacific Rim.

Pendant un certain temps j’ai envisagé d’écrire pour seule chronique : ALLEZ LE VOIR. En taille 46. Puis de vous laisser vous démerder avec ça, pendant que je me roulais de bonheur sous ma couette. Pour le restant de ma vie. Parce que Pacific Rim est à 2013 ce que The Avengers était à 2012 : du grand spectacle.

L’autre raison pour laquelle j’ai mis du temps à écrire au sujet de ce film est due au fait que je voulais en garder un souvenir intact, et non le soumettre à cette torture par l’écrit afin d’en extirper qualités comme défauts. Mais non. Non, il a fallu que je fasse mon intéressant. Encore une fois. Alors me voilà dans le difficile rôle de l’avocat du diable. Celui de la personne consciente que rien n’est jamais ni tout blanc ni tout noir mais qui a bien voulu, l’espace de deux heures, s’abandonner au manichéisme le plus primitif qu’il puisse exister. De fait, j’ai envie de vous dire que c’est le genre de film, soit on accroche de bout en bout, soit on sort de la salle après trente minutes. Mais je me rends compte que la plupart des gens se sont amusés à séparer ce film en deux parties distinctes pour pouvoir encenser l’une tout en crucifiant la deuxième (spoiler : ça marche pas comme ça les mecs). Alors je suis perplexitude et frustration.

Du coup je pose ça là, choisissez d’y répondre ou pas, moi j’ai ma réponse.
Qu’est-ce que Pacific Rim représente pour vous ?

J’ai beau avoir adoré le film, je suis tout de même conscient de ses faiblesses et de ce qu’il aurait pu être. En un mot : meilleur. Il est bourré de petits défauts pas bien durs à trouver pour si peu qu’on réfléchisse en terme de logique. Si bien que l’on peut finir par se demander si Guillermo del Toro ne s’est pas amusé à en jouer. Ou à jouer de nous, spectateurs. D’ailleurs il y a fort à parier que l’on puisse déconstruire le film petits bouts par petits bouts, incohérences par incohérences, de la même manière qu’on le ferait avec un mauvais film de SF.

Et pourtant, en toute connaissance de cause, je n’ai nullement envie de lui en tenir rigueur.

Pourquoi ? me demanderez vous, en quête d’explications. Parce qu’il a au moins une chose que ses grands frères sortis plus tôt dans l’année n’ont pas. C’est ce que j’appelle le plaisir immédiat, à défaut de mots plus proches pour le décrire. C’est cet effet d’immersion totale dans l’histoire, à tel point que le décalage entre le spectateur et les personnages à l’écran, normalement accentué par toutes ces petites choses qui viennent régulièrement casser le rythme, passe presque inaperçu. Ce qui ne m’a néanmoins pas empêché d’apprécier les films pop-corn que sont Oblivion ou World War Z et qui en sont exempt, notamment parce que je n’en attendais rien. After Earth aussi, dans une moindre mesure, et à l’inverse très peu Man of Steel, même si je n’irai pas jusqu’à dire que je me sois complètement ennuyé devant. (Bon, ok, j’avais les boules en sortant de Man of Steel mais vous allez encore dire que je m’acharne sur lui et, de toute façon, on s’égare..)

stacker and railegh

En outre, je ne dis pas que l’on doit forcément aimer Pacific Rim – encore une fois, c’est une question de rapport au film – et je comprends tout à fait que l’on puisse pointer du doigt des défauts qui sont généralement assez dépréciables. J’en veux pour preuve des personnages ultra-clichés, allant du commandant en chef que personne ne calcule au héro déchu censé renaître de ses cendres pour changer le sort de l’humanité, en passant par le connard de service qui ne va nulle part sans son chien. Sans parler de toute la ribambelle de personnages secondaires qui en prennent eux aussi pour leur grade, à l’instar des deux seuls scientifiques du coin. Notons quand même qu’un personnage aurait pu s’en sortir honorablement : celui de Mako, qui se démarque bien vite des autres en mettant en scène une jeune femme aux airs d’héroïne et qui aurait pu apporter une plus-valu non négligeable si elle n’avait pas été relégué au rôle de la princesse que l’on doit protéger – et ultimement sauver – vers les deux-tiers/trois-quarts du film (?). Dommage.

Mais si l’on aborde les choses fâcheuses, on doit aussi parler de ce qui est pour moi l’un des grand intérêt du film, à savoir son écriture. De façon générale, et très grossière, on sait tous que les scénariste ont tendances à fuir le plus vite possible à l’énonciation du mot Blockbuster. Vous savez, l’effet Prometheus, tout ça. Pacific Rim s’en sort pourtant haut les mains quand on sait que son pitch pourrait être résumé en trois mots : Moi taper bestioles.

Il se démarque de beaucoup d’autres en proposant, sinon un scénario recherché, au moins suffisamment de matière pour donner une âme aux personnages qui défilent à l’écran. Accessoirement, c’est aussi le point de discorde principal entre les pros et les antis Pacific Rim. Personnellement je trouve que l’effort fait pour skipper les 45 minutes de speech sur l’apparition des Kaijus, la création du programme de pilotes ou même la construction des premiers Jaegers, se suffit à lui-même tant il permet de projeter le spectateur au sein d’une chronologie déjà en marche. On débarque au milieu d’un conflit, on nous explique qu’il s’est passé des choses avant, de quelle manière, et on se retrouve propulsé aux cotés de personnages qui ont manifestement une histoire, un passé et des choses à régler mais dont on ignore tout. Magie du cinéma. En sus, les précieuses minutes gagnées en début de film permettent de développer une trame narrative plus dense que d’habitude, même si sous-exploitée, ce qui rend le tout bien plus homogène et « réaliste ». Enfin si l’on veut.

Je regrette juste que chaque arc narratif passe de l’état A à l’état B en l’espace de cinq minutes alors que tout un background avait manifestement été installé pour préparer son dénouement. C’était certainement ça ou une scène d’action en moins, et l’on se doute tous du choix final.

Pour ceux que ça intéresse, ce cher @LeReilly a pris part au débat et pondu un article expliquant en quoi le scénario de Pacific Rim est plus important qu’il n’y parait. Que vous l’ayez vu ou pas, vous pouvez aller le lire, il n’y a pas de spoilers à proprement parler et son point de vue sur la question est plutôt intéressant. En plus il aborde pas mal de trucs cools que j’ai passés sous silence. Vous savez donc quoi faire.

pacificrim

Quand à moi, la réponse est simple : C’est quand même des putains de Robots géants qui foutent des patates à des Godzilla en puissance.

Soit un rêve de gosse à portée d’écran.

Ps : trouvez un cinéma qui le passe encore et s’il vous plait prenez un billet, moi je vais essayer d’aller voir Insaisissables.

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