. Fight or flight

« Il y a plus d’un siècle, est apparu le prédateur de l’humanité. Il existe entre l’homme et lui une différence de force si colossale, que l’humanité a failli disparaître en très peu de temps. Ceux qui ont survécu ont construits trois murs : Maria, Rose et Sina, qui leurs ont permis de vivre près d’un siècle en paix. Seulement .. »

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Seulement, vous vous en doutez, ça a foiré.

A l’heure où les mangas sont devenus un objet culturel largement généralisé, il est dur de trouver de nouvelles séries vraiment prenantes qui renouvellent un genre ou une idée tant leur nombre et leur diversité n’a fait que croître ces dernières années. Les gens allant même jusqu’à se tourner vers les manwhas, mangas coréens, en espérant trouver quelques bonnes idées.

Croyez-le ou non, je suis pourtant tombé sur : The. Best. Anime. Ever. De. L’année.

Ouais, rien que ça.

Shingeki no Kyojin, ou L’attaque des Titans en français, nous raconte donc l’histoire de trois enfants : Eren, sa sœur adoptive Mikasa et leur ami Armin. Ils vivent paisiblement, dans l’enceinte du Mur Maria, l’un des trois énormes murs construits par les hommes pour stopper les titans, ces monstres de plusieurs mètres de haut, à forme humanoïde, et qui ont décimés l’humanité il y a de ça une centaine d’année. Alors que tous se pensaient à présent en sécurité, apparaît alors un titan d’une taille inimaginable qui détruit le mur et laisse la ville à feu et à sang, les titans étant attirés par l’envie de bouffer de l’humain. Miam. Devant l’horreur de la situation, sauvé de justesse, Eren va jurer d’entrer dans le bataillon d’exploration des forces armées luttant contre les titans grâce à un équipement de manœuvre tridimensionnelle, et promettre d’éradiquer tous les titans.

S’il est indéniable que le manga en lui-même est très bien – je vous encourage à y jeter un œil – je suis plutôt là pour vous parler de son adaptation en animé qui lui a apporté bien plus que de simples lettres de noblesse.

Des animés, je ne connais que les plus réputés. J’ai aussi vu de loin les adaptations de séries phares, les Naruto Bleach et compagnie. Mais c’est quelque chose que je préfère généralement consommer d’une traite, une fois que tout est sorti et que la série est reconnue pour sa qualité. Sinon, je me tourne plutôt vers sa version papier, plus simple et plus rapide à lire.
Pourtant, je suis resté scotché devant Shingeki no kyojin. Littéralement, puisque je me suis enfilé la dizaine d’épisodes disponibles en un laps de temps totalement insensé et que je me suis retrouvé à attendre les épisodes suivants avec forte impatience. Très forte impatience. 

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Pour tout vous dire, je n’ai pas tenu longtemps et me suis bien vite plongé dans les scans de la version papier. Les épisodes correspondants quasiment à un chapitre du manga, autant vous dire que ce dernier avait une avance qu’il m’était difficile de nier. Et s’il y a bien une chose à laquelle je ne résiste pas, c’est à ma curiosité.

Mais c’est là que j’ai réalisé la principale différence entre l’animé et le manga. Ils ont beau être les mêmes stricto sensu – mis à part quelques réarrangements chronologiques bienvenus – l’animé se démarque du manga et de tout ce que j’ai pu voir ailleurs par sa qualité graphique. Les visages et les décors ont correctement été adaptés, les événement sont racontés jusque dans les détails, mais il y a une certaine brutalité dans le trait de l’auteur qui rend le manga à la fois plus brut et plus noir que dans l’animé mais aussi , quelque part, moins fouillé.
Ça colle pourtant très bien à l’ambiance, aux horreurs montrées et aux sentiments qui en découlent, pas de doites là dessus. Mais dans un choix technique et marketing évident, l’animé s’est retrouvé lissé, rendant alors l’horreur plus nette et finalement peut être plus brutale. Parce que si les héros n’ont qu’une dizaine d’années au début de l’histoire c’est bien pour insister sur la dimension tragique du récit et sur l’effet que toute cette horreur aura sur leur destiné.

Je ne peux toutefois pas ignorer le travail fait sur la bande son et ne peut que le saluer. Le doublage est vraiment réussi et les musiques sont justes oufissimes. Toutes. L’opening comme l’ending s’écoutent toujours avec autant de plaisir dix épisodes plus tard et les différents morceaux qui interviennent dans l’animé sont choisis avec beaucoup de justesse. D’ailleurs, de nombreuses cover sont apparues sur youtube, je vous ai compilé celles de deux gars vraiment talentueux, c’est cadeau.

Une bonne pioche sur toute la ligne, donc.

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En outre, s’il se hisse au rang des plus beaux animés d’un point de vue graphique et sonore, qu’en est-il vraiment du reste ? En commençant, à tout hasard, par la narration ou les thèmes abordés. Hein ?

De prime abord on pourrait penser que Shingeki no kyojin ne s’éloigne pas de son statut de shônen ni des grandes arcanes du nekketsu (Ndlr : shônen et nekketsu sont souvent confondus, dans un soucis de précision je m’efforce de les dissocier mais Wikipédia reste votre ami). Ce n’est en fait qu’une partie émergée de l’iceberg de génie qu’il constitue. Par conséquent les habitués pourront facilement en dégager des thématiques redondantes comme, par exemple, avec ces titans qui semblent imbattables au début mais qui tomberont de plus en plus facilement au fur et à mesure de l’évolution des personnages. Le mythe de la montagne, tout ça tout ça.

Pour autant il se détache bien vite de tous les à priori que l’on pourrait avoir dès que lla trame de fond se complexifie et se rapproche alors beaucoup plus de celle des Seinen. Peu de shônen osent décrire un monde dystopique où la violence règne à tel point que le héros n’aura pas d’autre choix que de devenir plus fort, parce que survivre. La violence est omniprésente et si vous avez étés ultra-hypés par les morts en séries de Games of throne ou de The following vous en aurez pour votre compte ici aussi. Darwin pour les nuls en somme. Autre chose importante : le personnage principal se démarque enfin du cliché à la « je veux devenir le meilleur dresseur » et se montre plus complexe que ne le laisse entendre les premiers épisodes. Hallelujah ! Le vrai travail a cependant été fait sur la myriade de personnages secondaires qui gravitent autour du trio et qui, pour le coup, se montrent tous importants et agissent rarement sans intentions. Et ni la mort ni les twists ne les épargnent.

Tout ça pour en venir au point capital, qu’il soit question de ressentiments ou de réflexion, Shingeki no kyojin tombe toujours dans la justesse. La condition d’être humain est vraiment bien dépeinte. Le discours peut s’interpréter de plus d’une façon et les questions concernant la place de l’homme dans le monde, de la dictature quotidienne, de la hiérarchie militaire et des différences de forces sont constamment au cœur de l’histoire. Questions parmi tant d’autres qui peuvent se placer en miroir de nos sociétés, pour si peut qu’on le veuille bien.

Voilà, 1200 mots et quelques pour en venir à cette conclusion : Shingeki no Kyojin, c’est bon alors mangez-en. C’est difficilement trouvable en français ailleurs que sur Wakanim, mais avec un peu de persévérance ça se fait. L’épisode 1 est en libre-accès alors profitez-en. Vous gagnerez 20 min de vie. Bien entendu, ça se regarde dans une bonne qualité. Gâchez pas le travail fournit !

Et #TeamMikasa putain.

mikasa

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